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T’inquiète, je gère…!

Mis à jour : janv. 24

Je fais partie de ces étudiants de 1ère année post bac « en crise » suite au 2ème confinement. Ces mêmes étudiants que certains ont traités d’irresponsables propagateurs du virus, que d’autres ont jugés opportunistes, paresseux et pleurnichards dans la conjoncture. Personnellement, je ne me reconnais pas dans ce portrait. Je fais partie de ces étudiants qui, après un Bac Covid (pas vraiment le plus valorisant) ont dû assurer, comme tout le monde, leur propre mission : celle d’entrer en 1ère année, pour avoir un diplôme et démarrer dans la vie active. Actuellement, nous sommes nombreux à attendre impatiemment le 20 janvier date de réouverture potentielle des amphis mais nombreux aussi à avoir renoncé et à nous sentir très mal, après s’être retrouvés isolés, à l’étroit et résignés, sans aucune échappatoire physique ou mentale hormis un « pseudo distanciel précaire bricolé à la hâte ».


Quand je me repasse le film de ces derniers mois, bien sûr, comme beaucoup, avec la "folie" du 1er confinement, je suis resté sur le rythme du bachelier. Mais rapidement, sont arrivées les premières difficultés liées à l'apprentissage seul quasi sans professeur, les difficultés d’attention et de concentration amplifiées par l’inactivité, l’attentisme de la majorité des consignes et le manque d'identité de groupe. Au début, je m'adapte. Mais, errer dans son studio en caleçon sans s’être lavé entre deux parties de Call of et 3 powerpoints, ça casse le rythme et à terme rapidement l’image. C’est quand on commence à ne plus se respecter dans aucun rythme, à ne plus dormir la nuit mais le jour ou à manger n’importe quoi (quand on a de quoi manger correctement) à n’importe quelle heure …qu’il faut s’inquiéter.


C'est ainsi, qu'au fil des semaines, ma solitude et mon désespoir ont grandi, me faisant renoncer à l’envie de travailler. Démotivé, résigné, terré dans le silence assourdissant de ma chambre d'étudiant, je n'ai même plus été capable de respecter mes besoins élémentaires. Ma mère, à distance, s'inquiète, je lui réponds « Tout va bien, je gère ». A 20 ans, avec un peu d'argent de côté, je suis censé être grand, ne pas lui faire de souci supplémentaire et puis surtout je donnerai tout l’or du monde pour ne pas revenir à la maison. D'ailleurs, tout le monde est dans la même galère, alors on fait comme les autres. Rien. Le temps passe, et je me regarde sombrer sans rien dire, sans même réagir. Je me culpabilise, je me sens nul, inutile, inadapté, voire même lâche. Je me replie. Je bouffe et je bois pour compenser. La société, ma place, mon avenir, m’effraient. Dès fois, je me demande ce que je fais là, et je rêve de m'endormir pour ne me réveiller que dans 6 mois. Oui j'ai eu des idées noires. Et vous vous étonnez encore que certains décrochent violemment ou passent à l'acte ? Mais c'est pas étonnant !!!!!


Alors merci Madame de publier mon désarroi et mon coup de gueule d'étudiant de 1ère année. Merci surtout d’avoir été là in extremis. Je propose au gouvernement de rembourser quelques heures de coaching à tous les étudiants de 1ère année en cette année exceptionnelle. Car, en très peu de temps, vous avez su m’écouter, me comprendre et me redonner envie de me battre et d’avoir de l’espoir. Vous m’avez fait prendre conscience du travail accompli, des sacrifices consentis, de ce vers quoi j’avais envie de tendre. Vous avez réveillé mes rêves. J’ai appris comment marchaient la motivation et la démotivation. Je sais que j’aurais dû parler et agir avant d’en arriver là. Avec vous, j’ai découvert mon pouvoir mais surtout mes devoirs d’étudiant. J'ai pu en parler avec ma mère et je n'ai plus honte de ne pas y être arrivé. Je n’ai certes pas vécu la guerre comme disent les anciens, et je ne cherche pas à comparer mais je sais ce que l’on vit n’est pas anodin et qu'on n'en est pas sorti. Je vais donc tenter de maitriser une trajectoire même si l’environnement qui m’entoure me fait toujours peur. J'ai désormais quelques clés personnelles pour travailler mon mental et mon courage pour devenir plus résistant et résilient et je vous ai vous. Merci pour ça. Mais vous savez, j’attends quand même impatiemment le 20 janvier !! Car, nous les 1ère années en université, nous ne pouvons pas laisser tomber notre avenir comme ça.


François 20 ans – Région Parisienne

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LAURENCE MAIRE

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