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  • Dreamcatcher

Insta et Snap ne guident plus ma vie !

Dernière mise à jour : 2 nov. 2020

Je m’appelle Matthis, j’ai 18 ans et un bac ES COVID. Cette année, sans lycée, sans potes, sans copine, coincé seul à la maison avec école directe, a eu raison de mon addiction aux écrans et même celle de mes parents, avec cet été, cette impression de me réveiller comme après un long sommeil. Je ne saurai vous expliquer pourquoi à un moment, j’ai cherché de l’aide mais ça ne pouvait pas durer comme ça. Je l’ai senti dès la rentrée, je n’avais goût à rien malgré la tension de la terminale et du bac. Toute interaction me saoulait.

Avec le COVID et le confinement, ça a empiré, et le fait de me regarder vivre, sans but, accroché dès le réveil à mon téléphone, scrollant, switchant les applis, répondant aux uns, sautant enfin dans YouTube pour en fin de journée allumer la Play, mettre un casque et jouer en ligne… m’a interrogé. La réalité était impitoyable : temps d’écran 10h47 min par jour. Je nous regarde en famille, la télé allumée et chacun avec son portable à la main, répondant à un texto, jouant à ces jeux stupides le temps que le diner finisse de cuire quitte à ce qu’il finisse un peu cramé même, ou suivre une story insta ! Non mais la dinguerie gros !! Nous sommes devenus bizarres ! J’aurais pu parler avec ma mère de mes trucs en ligne, parler un peu à mon père du PSG, non, j’entendais la télé compter les morts et nous, nous ne nous parlions pas, irrémédiablement scotchés sur nos écrans.

Mais quel plaisir prenions-nous donc à regarder la vie des autres, à raconter des banalités sur les nôtres pendant des heures, qu’en attendions nous ? Est-ce que l’on pouvait appeler ça créer une interaction ? Développer une appartenance ? Assouvir un besoin de reconnaissance ? Je pose la question à table dans un grand blanc. Awa, c’était ça la vie qui m’attendait ? Bizarrement, je ne trouvais même plus ça normal ou marrant. Pourtant, la technologie, je suis né avec, et je connais ma chance. C’est ultra pratique, ça répond à tout, on a des facilités d’ouverture, d’interaction, de partage, d’information avec ses bons côtés et ses dérives. Malgré cela, jamais les réseaux et les applis Instagram, Snapchat, ou encore TikTok n’ont occupé une telle place chez les jeunes. Et encore, moi j’ai commencé tard. Quand je vois les frangins de mes potes au collège et comment ils se la racontent ! Aucun de ces réseaux ne permet la construction de notre identité, dans le meilleur des cas cela renforce notre égoïsme. Je le ressens maintenant mais certainement je grandis.

J’ai donc décidé d’apprendre à poser mon portable et j'ai supprimé mes comptes. Non, je n’ai pas perdu d’amis ! J’ai arrêté de polluer mon cerveau avec des infos souvent débiles et qui n’avaient aucune importance pour mon bien-être et ma vie en général. J’ai utilisé pleinement les 7 heures de « screen time » journalières pour d’autres activité, moins passives. Au début, j’ai eu du mal, je cherchais mon portable partout. Un truc pavlovien comme on dit. Mais ensuite, je me suis surpris à avoir plus d’énergie, à avoir besoin de faire du sport, à relire des BD, à regarder autour de moi, à faire des projets pour la fin du COVID, à penser à mon orientation, à voir des potes, à parler avec mes parents ! Je suis redevenu comme vivant.

Alors bien sûr, je vous résume ça en quelques lignes, mais il a fallu vraiment m’aider pour sortir de ce marasme « On ne change pas ce dont on a pas conscience » m’a dit Laurence. Grâce à elle, j’ai grandi, et j’ai repris le contrôle de ma vie, avec un temps d’écran d’1h maxi par jour pour m'amuser. A côté, je me construis avec des projets sympas dans la réalité, et je suis bien dans ma peau avec du recul. En famille, quand on est ensemble, les portables ne sont plus à portée de main ! Merci Madame, grâce à vous, on va beaucoup mieux :)

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